Un thé pour Yumiko – Un roman graphique

Un thé pour Yumiko, un roman graphique par Fumio Obata

Trouvé chez Pêle-mêle, je me suis décidée à l’acheter en grande partie à cause du titre, le sommaire n’étant pas très instructif. C’est-à-dire? Il y a bien sûr le mot « thé » …

Je ne vais pas vous faire une critique classique de type ce que j’ai aimé vs ce que je n’ai pas aimé. Pour cela vous pouvez consulter Babelio ou encore The Guardian.

Je vais m’attarder sur le titre qui à la fois colle et ne colle pas à l’histoire.

Couverture du roman graphique Un thé pour Yumiko - Par OchaNokcha - Une passion pour les thés japonais

Pourquoi ce titre?

Un Thé pour Yumiko n’est pas un ouvrage qui couvre le sujet du thé. Le thé, de manière générale, y est mentionné et dessiné 3 à 4 fois à tout casser:

  • au bureau de Yumiko, on y boit des thés aromatisés;
  • lors de son voyage en avion vers le Japon, Yumiko boit un thé noir au lait;
  • chez sa mère à Kyoto, elle boit un thé vert japonais (et pas le thé noir anglais –Koucha– préparé par sa mère).

Je me suis laissé convaincre par l’idée que c’était une mauvaise traduction du titre japonais. QUE NENNI ! En fait l’édition Gallimard a traduit un roman graphique anglais. Ce roman graphique a été dessiné et raconté par Fumio Obata, un Japonais expatrié en Angleterre. Le titre original en anglais est : Just so happens. Encore une fois, rien à voir avec le thé !

Est-ce que le thé bu déclenche une action du personnage principal? Oui en quelque sorte. A chaque consommation de ce breuvage, Yumiko est plongée dans une profonde réflexion sur elle-même et sa situation d’expatriée. Mais n’aurait-elle pas eu la même démarche avec un autre breuvage comme le vin ou encore un autre aliment? Et puis il y a d’autres évènements dans l’histoire qui triturent son esprit et ses émotions.

Le thé n’est pas l’acteur ou le déclencheur principal de cet ouvrage. Il est un symbole (parmi d’autres).

La place du thé dans le roman*

Étant une fétichiste de thés japonais, ma grille de lecture d’Un Thé pour Yumiko est la suivante: thé vert, un symbole de la culture japonaise, purifie et vous ramène à l’essentiel.

 

En effet Yumiko en Europe boit des thés aromatisés ou du thé noir avec du lait. Au Japon, elle demande à sa mère du thé vert (au grand étonnement de sa mère qui boit du thé anglais).

Yumiko retrouve ses racines en l’ingérant. L’impact est tel qu’elle rêve du théâtre Noh. Encore un autre symbole japonais. Une association qui est loin d’être hasardeuse ! Certains des mouvements produits lors d’une cérémonie du thé se retrouvent dans le théâtre Noh: les mouvements de glissements des pieds, les moments de pause entre les différents gestes,  …

Ce roman a pour sujet l’expatriation, ses propres racines culturelles, la vie et le monde qui nous entourent …

[*Je tiens à souligner que ce qui va suivre ne tient que de ma propre analyse… peut-être farfelue.]

Toujours un titre adéquat?

Je me tâte toujours car je m’attendais vraiment à ce que l’histoire me parle de thé. C’était une des motivations derrière l’achat de cet ouvrage.

Attrape-nigaud? Oui quelque part. Toutefois, simultanément j’ai été agréablement surprise par le dessin et par le sujet qui a trouvé un écho en moi. Pas tout est perdu!

Parfois il y a du bon dans les leurres, non?

Et qu’en pense l’auteur de ce titre?


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